Qu’y a-t-il au-delà des pins ?

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D’ordinaire, je lis pas mal d’articles avant d’aller voir tel ou tel film. Une fois ne fait pas le costume, j’ai eu envie d’aller frotter mes yeux, mon cerval et mes émotions à une histoire dont je ne savais pas grand chose. Pourquoi cela tomba-t-il spécialement sur « The Place beyound the pines » de Derek Cianfrance ? Mystère et gomme de roues de moto.

Accompagnée de mon cher Lièvre – et le ventre criant « t’aurais pu me nourrir avant de partir ! » – je suis entrée dans la salle 14 du mégacinoche ; elle était loin d’être pleine …

Quand la projection a démarré, ma tête était parfaitement calée sur le haut de l’épaule du Lièvre, prête à absorber tout ce qui allait défiler devant mes yeux. Moment toujours délicieux s’il en est … une musique, un connard qui fait un bruit d’enfer en bouffant ses bombecs, une image, une ambiance, l’espoir d’être emporté(e) au coeur de l’ailleurs d’un autre, l’ombre de la déception planant toujours autour de la loupiote « Sortie de secours ».

Pour ce film précisément, je ne parlerais pas de « déception » ; ne sachant que très peu de choses à son sujet, je ne m’attendais à rien en particulier. Certains ont dit de Derek Cianfrancece (parce qu’en rentrant au terrier, j’en ai lu des articles) que son cinéma ressemble à celui de James Gray … Je partage cet avis. L’un comme l’autre sont incontestablement de très bons réalisateurs. L’un comme l’autre savent choisir les interprètes de leurs personnages à la juste complexité. L’un comme l’autre ne cherchent pas l’esbroufe dans une rythmique cinématographique insupportablement hystérique. Que des qualités primordiales à mes yeux.

Et pourtant, ni le cinéma de l’un ni celui de l’autre ne me touche. J’en viens presque à m’en désoler, tout comme je me désole de ne jamais réussir à entrer de plain pied dans le cinéma des frères Cohen. Je n’aime guère cette sensation de ne pas être émotionnellement traversée par une oeuvre – quelle qu’elle soit – tout en ayant pleinement conscience qu’elle a tout pour que je le sois. Qu’est-ce qui dysfonctionne ? Certains éléments majeurs m’échappent-ils ? Ai-je un cerveau suffisamment alerte pour appréhender l’essence de ce que je vois ?

Je pourrais me réfugier derrière un « ce film est chiant », mais ce serait intellectuellement malhonnête d’écrire cela. Il y a plein de choses intrigantes et finalement assez prégnantes dans « The place beyound the pines », ne serait-ce déjà que le titre (que je n’ai compris que tout à l’heure en lisant cet article) ainsi que les questions autour de la paternité (je gagerai que le jeune Derk est devenu père il y a peu et que, même avant cela, la question du Père n’était pas easy pour lui – l’était-elle seulement pour quelqu’un ?), de la transmission plus ou moins consciente …

En sortant de la salle, ni le Lièvre ni moi n’étions convaincus par ce que nous venions de voir. Nonobstant, je ne parviens pas à empêcher certaines images de revenir dans mes pensées. Sans doute la preuve que ce film m’a touchée peut-être plus que ce que j’ai pu le croire à première vue.

PS : Et sinon, Ryan Gosling, t’as l’intention d’utiliser quoi comme véhicule dans ton prochain film ?

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Jack & Erwan

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Les naines avaient envie de voir « Jack, le chasseur de géants » ; je leur ai dit « why not ? » et le Lièvre a ajouté « Sans moi ! »

Arrivées à la caisse du au mégacinoche, la caissière m’a demandé de raquer pour les lunettes 3D. La chose fut faite non sans soupirer, puis nous avons grimpé fissa les marches conduisant à la salle histoire de combler le léger retard que nous avions pris en partant du terrier un peu à l’arrache.

Assise entre les naines, je me suis promis de ne pas piocher dans le carton de pop-corns que Naine Ouane avait payé avec SES sous et de ne pas prêter attention aux jérémiades de Naine Tou pour cause de lunettesquifontmalaunezc’estnultoussaquoi.

Pour dire la franche vérité, je me suis un peu ennuyée face à cette histoire de princesse (l’actrice ressemble grave à Claire Keim), de géants – assez moches – et d’un Jack un peu falot. Fort heureusement, ce bon Erwan Mcgregor était de la partie, ce qui a permis à mes yeux de ne pas céder au chant des sirènes de la siestasse. D’ailleurs, le choix de la princesse de ne pas partir avec lui plutôt qu’avec le jeunot à mèche triste reste à cette heure encore assez abyssalement mystérieux. Les princesses sont souvent parfois un peu connes.

Naine Ouane a bien aimé.

Naine Tou a eu peur.

Et moi, pfffffffff, je n’ai tenu aucune de mes deux auto-promesses.

Springbreakers

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« Je n’aurais jamais cru que tu irais voir ce genre de film » m’a lancé un pote invité au terrier hier soir alors que je revenais de la séance de Springbreakers. À dire vrai, j’ai me suis surprise moi-même à aller voir cet ovni. Quelques articles lus sur le Web ainsi que l’idée de voir le travail de James Franco – juste hallucinant – que j’avais tant aimé dans Harvey Milk en particulier, m’ont soufflé à l’oreille de ne juger que sur pièce ce long métrage plus que déroutant.

En entrant dans la salle – suffisamment en retard pour ne pas avoir à me fader l’amas de pubs habituelles – j’ai rapidement constaté que nous n’étions que trois à avoir plus de 23 ans. Un couple de soixantenaires et ouam. Après avoir slalomé entre les pop-corns jonchant le sol de plusieurs allées, j’ai posé mon auguste fessier dans un fauteuil à peu près propre, juste à côté d’une brochette de jeunes filles en fleurs. Devant, derrière, sur les côtés, j’étais donc cernée par une génération de d’jeun’s en âge d’être mes enfants (bon, ok, je les aurais eu à vingt ans ; mais quoi, ça se faisait beaucoup dans l’temps). Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre, mais eux avaient l’air surexcité et gloussaient tout en vidant à pleine bouche des canettes de boissons énergisantes.

Durant la première moitié du film, j’ai du – à plusieurs reprises – me faire violence pour ne pas quitter la salle. Non que les images soient insoutenables à proprement parler, mais tout ce que je voyais faisait monter en moi un sentiment d’angoisse de plus en plus envahissant. Décroise tes jambes. Mets-toi de guingois. Respire lentement.

Vide interstellaire arborant crânement les couleurs de l’enfance. Inconséquence absolue aux joues encore dodues de ceux qui sont à cheval entre deux âges. Comme dans une pièce qui n’aurait aucun mur, ne protègerait de rien, ni de soi ni de l’extérieur.

Je suis absolument incapable de dire si j’ai aimé ou non ce film. Harmony Korine a réussi au moins une chose – énorme … De multiples sensations m’ont traversé durant l’heure et demi que dure son Springbreakers. Les actrices sont toutes les quatre formidables, hyper flippantes (sauf Séléna Gomez, si touchante) et James Franco redoutable de réalisme dans son interprétation d’un gangster acceptant une domination féminine peut-être encore plus violente que celle des hommes.

Si j’avais moins souffert d’un affreux mal de crâne (non lié au film), j’aurais pris quelques minutes, une fois les lumières rallumées, pour demander aux d’jeun’s ayant partagé ce moment avec moi leur ressenti. Je ne suis pas certaine que j’aurais supporté de voir, jusqu’au bout, ce film-là à leur âge.

J’ai couru pour rejoindre ma voiture – il y avait un vent terrible – je me suis assise, j’ai tourné la clef pour démarrer et j’ai roulé, je l’avoue un peu hébétée en repensant aux images de ce film qui m’a giflée.

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Acteur, Gougueule et nous.

Quand on tape « acteur » sur l’ami Gougueule, voici ce qui débarque en page 1.

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Deux fois Leonardo di Caprio, cinq Johnny Depp, cinq nénettes, deux fois Dany Boon (nan mais je RÊVE !) et Bertrand Blier, tout de même bien plus connu et reconnu pour son talent de cinéaste que d’acteur ! À part Nicolas Duvauchelle, les trois autres acteurs français sont considérés plutôt comme des comiques. En revanche, pour les ricains et autres anglo-saxons, le seul comique de la bande de la page 1 est Jim Carrey.

Que doit-on en déduire ? En fait, ne maîtrisant en aucune façon le mode de référencement de ce moteur de recherche et n’ayant, hélas, pas le temps nécessaire devant moi (faut bien que je bosse aussi un peu, quand même) pour développer le propos que j’amorce ici … je m’en remets à vous ; si, vous n’avez que ça à foutre vous le sentez, les com en terre sont là pour accueillir vos saillies cérébrales.

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Métropolis.

Il y a une éternité – en 1984 – ma mère m’a emmenée voir un film allemand de 1927 alors qu’il ressortait en salles dans une version colorisée.

Je n’avais jamais entendu parler de Métropolis et, du haut de mes quatorze ans, je n’étais qu’assez moyennement motivée pour aller voir un film muet. Mais l’auteure de mes jours avait l’air si sûre de son choix que je me suis laissée convaincre.

Je n’ai jamais revu ce film depuis et pourtant, même si je ne me souviens en aucune façon de l’histoire dans le détail, il me reste la sensation de mon ébahissement éprouvé en le voyant.

Vingt-neuf ans ont passé et une quantité incalculable de films a été absorbée par mes yeux, mais ces visages filmés à la mode expressionniste, ce robot, la chanson de Queen, la découverte d’un cinéma sans mot, tout s’est imprimé en moi avec une telle force qu’en réécoutant la BOF, je me sens envahie d’une folle envie de faire découvrir à mon tour ce film à mes naines.

Va falloir se reprendre en main.

Le commentaire laissé par Fabrice sur le billet précédent m’a un peu bousculée. En effet, j’aime à dire que je suis cinéphile, en tous les cas je le suis au regard de la plupart des personnes qui m’entoure. Mais m’arrive t-il encore de voir des films qui sortent réellement des circuits à fort potentiel d’audience ?

Lorsque j’étais plus jeune – célibatairesansnains toussa – il pouvait m’arriver d’aller jusqu’à quatre fois par semaine au cinéma, sans compter les films que je (re)voyais à la téloche ou en cassette (eh ouais, à l’époque le DVD n’existait pas encore – OMG !). Depuis un peu plus de douze ans maintenant, si j’arrive à y aller deux fois dans une semaine, c’est que les naines sont en ouakances chez ma mère. Bien sûr, avec toutes les possibilités actuelles pour voir un film, il est toujours temps de voir ceux que l’on a ratés en salle ; mais ce n’est jamais vraiment pareil.

Bref, tout ça pour dire que je m’agace moi-même (c’est l’histoire de ma vie) de ne pas être plus audacieuse dans mes choix cinématographiques, même si au regard de ce que va voir la majorité des gensses (c’est pour la rime qui suit), je peux me targuer d’avoir une certaine exigence.

Un français & un américain

Vu « Amitiés sincères » et « Lincoln ».

Le premier est un gentil film français qui aurait mérité de moins se perdre dans un truc plus ou moins choral. Dommage que le scénario n’ait pas été plus fouillé, plus travaillé, que la psychologie des personnages n’ait pas été creusée à la petite cuillère. La réalisation n’a aucun intérêt et les acteurs sont plutôt pas mal. Ce n’est pas totalement désagréable, mais ça peut laaaaaaargement attendre d’être vu à la TV un dimanche de pluie.

Le second a le mérite de nous replonger dans une partie – indéniablement cruciale – de l’histoire américaine. Au-delà de la performance d’acteur (que, perso, je trouve normale, merde, ils sont quand même payés pour ça, nan ?!) de Daniel Day Lewis, le film aurait gagné à ce que papa Spielberg n’en rajoute pas côté effets « soleil rasant entrant à travers les voilages dans une pièce sombre dans laquelle les personnages (s’)étouffent (c’est une image)« . Il y a une scène absolument superbe en revanche, dans le premier quart du film, une scène de rêve à couper le souffle dans le traitement de l’image. Je ne me suis pas ennuyée un seul instant (le Lièvre non plus) ; je suis juste sortie en me disant que l’Histoire est décidément un éternel recommencement, teinté – et c’est BON de le constater – d’évolution(s). Est-ce un bien ? Est-ce un mal ? C’est un fait et c’est assez émouvant de voir un homme aux prises avec ses circonvolutions internes, agrémentées de celles de tous les gens qui gravitent autour de lui jusqu’au moment où, après avoir parlé à deux jeunes hommes (dont l’un est chargé de télégraphier un de ses messages), il fait un choix. Et je garde une tendresse toute particulière pour Thaddeus Stevens, magistralement interprété par Tommy Lee Jones, peut-être plus émouvant encore que Lincoln dans le cheminement qui est le sien pour aider à ce que le 13ème amendement soit adopté. Un film à voir, pour plein de raisons (et des très actuelles).

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I believe I can’t Flight.

Lorsque les naines sont en villégiature, avec le Lièvre on se fait des petites soirées « cinéetpuisensuiteonmangen’importecomment ». Il y a une paire de semaines, ce fut « Flight ». Le Lièvre a bien aimé. Moi, hum, moins. Disons que je suis sortie de la salle d’autant plus frustrée que le film aurait pu être carrément très très bien si le scénario était allé au bout du bout de l’idée (je n’ose écrire du lièvre) qu’il soulève : le pilote a-t-il été capable de sauver 99% des passagers du crash parce qu’il est un excellent pilote ou parce qu’il était sous l’emprise de l’alcool et autres stupéfiants ?

« Flight » n’est pas ce que l’on appelle communément un « film catastrophe », même si la séquence du crash est vraiment très bien réalisée (moi qui flippe à mort dans les busàailes, ça m’a glacée). C’est plutôt un film intimiste, essentiellement centré sur la dépendance. Hélas, le scénariste nous colle une pseudo romance entre papa Denzel et la très jolie (le Lièvre l’adore) Kelly Reilly (absolument pas crédible deux secondes en droguée), personnage qui ne sert juste à rien, pire, dont la présence ralentit l’histoire puisqu’elle ne la fait jamais progresser.

Je ne peux pas dire que j’ai détesté « Flight ». Je ne peux même pas dire que c’est une merde américaine (même si le couplet sur « Dieuestlaseulevoierédemptrice » m’a gavée). Je peux juste dire que « Filght » aurait pu être Hment mieux.

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Möbius ou se faire ièch à l’infini (et au-delà)

Je n’aurais pas dû tant attendre du « Möbius » d’Éric Rochant, j’aurais été moins déçue. Bon, il est clair que ER a eu beaucoup plus de moyens que pour l’excellent « Les patriotes » (il n’y a qu’à voir le nombre de prods et autres TV qui ont mis du pognon dans la production), ça brille, ça claque, c’est élégant, ça moneygasque ! Mais, parfois, trop de moyens fait glisser vers le moyen.

Côté comédiens principaux : Jean Othegarden est censé interpréter un agent du FSB, mais même moi qui ne cause pas le ruskov j’ai remarqué son accent pourrite. Absolument pas crédible. À part ça et le fait que dans le plan final j’ai eu la sensation qu’il allait nous refaire le coup du chameau, il n’est pas complètement inintéressant. Le choix de Cécile de France pour incarner une tradeuse censée être glaciale, sans foi ni loi m’a laissée dubitative. Malgré elle peut-être, l’actrice dégage un truc irrémédiablement sympatoche et popu qui ne colle pas trop trop avec le personnage. Et alors leur coup de foudre … je n’y ai pas cru une seule seconde, comme je n’ai pas cru qu’un colonel des services secrets russes (ex de la Mafia du pays des buveurs de vodka qui plus est) puisse merder à ce point une mission pour le plaisir de s’entendre dire que ses bras sont « concrets » (quelqu’un dans la salle a t-il déjà eu affaire à des bras non concrets ?! Qu’il témoigne sans hésiter merci d’avance).

Niveau scénar’, je n’ai pas pipé grand chose au pourquoi du comment du schmilblick, mais bon, ça encore, c’est souvent le cas dans les films d’espionnage et puis, après tout, ce n’est pas cela le plus important. Nan, le plus important, c’est la tension puisque c’est elle qui permet de maintenir – voire faire croître – l’attention. Eh bé là, point de tension et donc point d’… je vous laisse deviner.

Bon, il y a bien quelques points positifs : c’est réalisé (ça a l’air évident comme ça qu’un film soit réalisé, mais non en fait) et les scènes d’amour/baise sont assez belles ; pour une fois, c’est ce que peut être le plaisir féminin qui est mis en lumière et d’assez juste manière.

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